Aujourd'hui, seule et fragilisée par le temps, le temps qui passe, le temps qui, d'ailleurs, n'arrange pas les choses, elle reste assise en silence et ressasse ces mêmes interrogations qui la hantent de jours en jours. Seule et fragilisée elle n'ose regarder le monde droit dans les yeux, elle préfère se laisser dévorer peu à peu, de semaines en semaines, par ce monde frénétique. Les joies et les rires qui provenaient de son enfance et de sa jeunesse s'évaporent de mois en mois, comme l'eau qui se perd abondamment de ce ciel grisâtre. Elle reste immobile, toujours aussi seule et fragilisée, et fixe l'eau qui ruisselle le long de la gouttière, le front plaqué contre la vitre glaciale. Ces milliers de gouttes, venant s'écraser devant son visage ne paraissent pas l'oppresser. Pourtant est-ce ici l'allégorie des milliers d'individus s'agitant le long des champs Elysees, ceux qui l'étouffent d'années en années ? Ces yeux emplis de contemplation traduisent un plaisir apparent quant à l'étude de ce paysage. Un sentiment nouveau s'empare de ce corps impuissant et désarticulé, une sensation ni bonne ni mauvais, ni agréable ni pénible, ni même nécessairement intrigante, envahi la chair ardente de cette créature blanche comme neige. Le temps s'est-il à présent arrêté ? La vie a-t-elle reprie son cours au c½ur de Paris ? La pluie battante a-t-elle cessée après de longues heures de déluge ?
P.aulynn